Le deuil animalier suscite une douleur parfaitement légitime mais incomprise.
Et encore moins accompagnée sur le plan psycho-émotionnel.
C’est ce qui m’a conduite à approfondir mes connaissances concernant le deuil et à me spécialiser dans ce domaine.
Je suis moi-même l’heureuse dog-mam d’un adorable Alistair et je serais anéantie s’il lui arrivait malheur.
Car perdre un animal, c’est perdre bien plus qu’un compagnon du quotidien.
C’est perdre un membre de sa famille, un confident, un soutien, un lien affectif profond.
Pourtant, lorsqu’une personne traverse ce type de deuil, elle est souvent confrontée à l’incompréhension.
« Ce n’était qu’un chien », « Tu en reprendras un autre », ‘Tu as encore deux autres chats »…
Ces phrases banalisantes blessent, accentuent la solitude et le sentiment de perte.
Or, le deuil animalier est un deuil à part entière, digne d’être reconnu et accompagné avec sérieux.
Ce premier article est l’occasion de redonner au deuil animalier la reconnaissance qu’il mérite. Et de soutenir toutes les personnes endeuillées qui passeront par ici.
On vous voit, on vous entend, on vous soutient.
Sommaire
Un lien affectif profond et unique
Le deuil animalier : un deuil à part entière mais socialement invisibilisé
Il n’existe pas de deuil animalier rapide et parfait
Les étapes du deuil selon le psychiatre Christophe Fauré
Le deuil animalier : une douleur légitime mais incomprise qui nécessite un accompagnement bienveillant
FAQ
Un lien affectif profond et unique
Adopter un animal est une décision qui ne se prend pas à la légère.
Et bien souvent, nous aimons nos compagnons avant même leur premier jour à la maison !
On les attend, on prépare leur arrivée, on stresse aussi,… Nous avons conscience que notre vie va changer, liée à celle d’un petit être vivant.
Même si cela prête à sourire et génère parfois des moqueries, nos animaux sont nos enfants de cœur.
Cette dimension affective est renforcée par le fait que nos compagnons (et compagnes bien sûr !) sont entièrement dépendants de nous pour leurs besoins vitaux. Nous sommes responsables de leur fournir nourriture, abri, soins et attention. Cette dépendance crée un lien de responsabilité et d’engagement extrêmement fort.
En un mot comme en cent : le lien qui nous unit à nos animaux est unique !
La place des animaux dans nos vies modernes qui vont à mille à l’heure, souvent coupées de la nature et du respect des cycles, est essentielle. On apprend à (re)vivre grâce à eux.
Ils nous portent un amour inconditionnel et sans jugement. Ils nous acceptent comme nous sommes ; n’exigent rien de plus que des câlins (et quelques frifris !).
La relation à nos animaux est incomparable, d’une puissance qui bouleverse.
Voilà pourquoi leur décès est si difficile ; le deuil d’une douleur bien réelle et intense.
Le deuil animalier : un deuil à part entière mais socialement invisibilisé
Dans notre société, la perte d’un animal n’est pas considérée avec le même respect que celle d’un humain.
Cela entraîne un sentiment de honte ou de culpabilité chez la personne endeuillée, qui n’ose pas toujours exprimer sa douleur.
Cette absence de reconnaissance sociale amplifie la souffrance car elle invisibilise cette expérience intime.
Comme si le décès, le deuil et le chagrin n’existaient pas vraiment.
Comme si l‘amour unique entre l’animal et son humain.e ne comptait pas réellement.
Cela revient non seulement à nier la douleur de la perte mais également le lien irremplaçable et unique entre l’humain.e et son compagnon.
Les personnes endeuillées ne trouvent pas d’espace pour partager ce qu’elles traversent.
Et il faut rappeler qu’il n’existe pas de jours de congés pour ce type de deuil.
Après avoir traversé plusieurs jours d’inquiétude extrême, à veiller sur son animal, à prier pour que les soins lui soient bénéfiques,… Ou avoir dû faire le choix douloureux de l’euthanasie pour le soulager. Ou encore, après avoir vécu le choc d’un décès soudain et violent par accident : il faut retourner travailler et faire bonne figure.
Il est donc important que les personnes endeuillées trouvent des espaces bienveillants et à leur écoute pour exprimer leur chagrin librement.
N’hésitez pas à rechercher de l’aide en ce sens autour de vous.
Ce n’est pas parce que la société nous laisse croire que le deuil animalier ne compte pas et qu’elle l’invisibilise, que vous ne méritez des espaces pour déposer votre histoire.
Cercles de paroles, groupes de thérapie, thérapie individuelle, groupes Facebook,… Il y a forcément un lieu sécurisant et accueillant qui vous attend.

Il n’existe pas de deuil animalier rapide et parfait
Le deuil, d’une manière générale, n’a pas tellement sa place dans notre société.
L’injonction à la résilience, saupoudrée de petites phrases faussement soutenantes issues du développement personnel, participe à l’invisibilisation du deuil.
Les personnes endeuillées comprennent vite qu’elles dérangent. Qu’elles ont plutôt intérêt à vite camoufler leur chagrin si elles ne veulent pas êtres moquées voire se retrouver seules. La mort fait peur et encombre.
On nous pousse à vite « faire notre deuil ».
Comme s’il y avait une sorte de date limite au chagrin.
Comme si notre deuil était contagieux.
Être en deuil, c’est être vulnérable ; et la vulnérabilité n’est pas la bienvenue dans notre société.
Alors, forcément, lorsqu’il s’agit du deuil animalier… le droit à la tristesse est encore plus menacé.
Pourtant, le deuil est un processus évolutif et non linéaire, qui ne répond à aucune règle.
Souvent, nous avons entendu parler des 5 étapes du deuil, d’Elisabeth Kübler-Ross :
Le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation.
Mais il est essentiel de rappeler que ces étapes ne sont initialement pas destinées au deuil mais aux personnes en fin de vie, face à leur propre mort chaque jour plus proche.
Alors oubliez tous les schémas de deuil parfait !
Chaque personne vivra son deuil de façon unique et inédite.
Les 4 étapes selon Christophe Fauré
Christophe Fauré est une grande référence en France concernant le deuil (cf : ses ouvrages Vivre le deuil au jour le jour ou Après le suicide d’un proche). Il propose une vision plus souple et humaine des étapes du deuil que le schéma classique de Kübler-Ross.
En effet, là où Kübler-Ross décrit des « phases émotionnelles », Fauré met en avant un processus existentiel qui touche toute la personne.
Il distingue 4 étapes.
Le choc et et la sidération : la personne endeuillée est comme anesthésiée, incrédule.
Cette sidération est une protection du psychisme, qui se met en veille pour absorber l’onde de choc.
La fuite et recherche de l’autre : la personne endeuillée est dans une forme de dénégation active : elle cherche à retrouver l’autre (dans les lieux, les habitudes, les objets, les rêves).
C’est aussi une période où l’on fait « comme si » : certaines personnes continuent à parler au défunt, à attendre ses signes.
Cette étape traduit le désir de maintenir le lien, ce qui est totalement normal.
Déstructuration : la perte s’installe vraiment dans la conscience.
C’est la période la plus douloureuse : sentiment de vide, perte de repères, parfois dépression réactionnelle.
Christophe Fauré insiste sur le fait qu’il s’agit d’un temps de traversée inévitable, où la souffrance est le signe que l’intégration de la perte progresse.
C’est aussi là que le soutien extérieur (amis, thérapeutes, rituels) est crucial.
Enfin, la restructuration, est une étape où il est nécessaire de redéfinir qui on est, sans le défunt.
Le deuil n’est pas un « oubli » mais une transformation du lien : le défunt prend une autre place (intérieure, symbolique).
Je vous invite à retenir de cette approche l’idée que le deuil n’est pas « tourner la page », mais écrire une nouvelle page où le lien continue autrement.
N’oubliez pas le caractère non linéaire de ces étapes (on peut revenir en arrière, ou les vivre de façon entremêlée).
Enfin, retenez la légitimité de tous les deuils, y compris le deuil animalier.

Le deuil animalier : une douleur légitime mais incomprise qui nécessite un accompagnement bienveillant
Il n’y a pas de deuil « trop petit », « pas assez important » pour demander de l’aide.
Et perdre un animal génère un chagrin immense qui nécessite parfois de s’entourer.
N’en ayez pas honte !
Traverser toutes ces étapes et toutes ces émotions demande du temps, de la douceur, du soutien et un cadre, pour se déposer, s’exprimer.
Une thérapie dans le cadre du deuil permet non seulement de parler et pleurer librement mais également d’acquérir des techniques de régulation visant à rendre les émotions plus tolérables, à ouvrir des espaces de répit.
Cela permet aux personnes endeuillées de reprendre pied, de retrouver un sentiment de contrôle, sans pour autant nier leur souffrance.
La thérapie n’aide pas à faire le deuil « plus rapidement ». Mais à se sentir soutenu.e.
En outre, une thérapeute veillera à la détection des complications du deuil.
Enfin, l’espace thérapeutique permet d’apprendre à se relier autrement à l’animal disparu.
C’est justement ce que nous explorerons dans le prochain article : comment les rituels et l’accompagnement psycho-émotionnel et créatif peuvent soutenir ce chemin de deuil.
FAQ : Le deuil animalier : une douleur légitime mais incomprise
Combien de temps dure le deuil animalier ?
Il n’existe pas de durée « normale » pour un deuil. Chaque histoire est unique, et le temps nécessaire dépend de la relation tissée avec l’animal, des circonstances de sa perte et de ton vécu personnel. Le deuil est un processus, pas un calendrier.
Est-il normal de pleurer autant pour un animal ?
Oui, totalement. Les larmes sont une manière saine d’exprimer l’amour, le manque et la douleur. Ton chagrin est le reflet du lien fort et sécurisant que tu avais avec ton animal. Pleurer ne signifie pas « trop souffrir », mais honorer ce lien.
Pourquoi ai-je si mal alors que « ce n’était qu’un animal » ?
Parce qu’il n’était pas « juste un animal ». Ton compagnon occupait une place précieuse dans ta vie : confident, soutien, membre de la famille. Minimiser cette douleur est une méconnaissance de ce qu’apporte une relation avec un animal. Ton chagrin est légitime.

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