Sortir de l’anorexie : 8 pistes douces et concrètes

Sortir de l’anorexie : 8 pistes douces et concrètes

(Article mis à jour en novembre 2025)

Sortir de l’anorexie, ce n’est pas une ligne droite.

C’est un chemin parfois long, souvent exigeant, mais possible.
Pas à pas, sans se brusquer, avec douceur et engagement.

Je le sais parce que je les ai vécus (l’anorexie et le chemin de guérison).
J’ai moi-même connu dix années d’anorexie et d’orthorexie, avant de retrouver un rapport apaisé à mon corps et à la nourriture.

Aujourd’hui, j’accompagne à mon tour les personnes concernées, grâce à mon expérience personnelle et à mon expertise de thérapeute TCCE (thérapies cognitives, comportementales et émotionnelles) et mon approche psychocorporelle, basées sur plus de dix ans de formation et de pratique.

Dans cet article, je te propose des pistes douces et concrètes pour avancer vers la guérison de l’anorexie, sans forcer, sans te juger, et surtout sans te mettre en danger.

Accepter que la guérison de l’anorexie demande du temps

Quand on sort de la « lune de miel » de l’anorexie, cette période où le contrôle donne un sentiment de maîtrise et de puissance, on réalise que la maladie nous épuise.

Qu’elle nous a pris beaucoup, et risque de nos prendre encore plus.


On souhaite alors en sortir vite.

Mais ce processus prend du temps, et c’est normal.

Je sais à quel point il peut être frustrant de ne pas toujours observer de changements notables et pérennes. Ni sur la balance (le poids ne remonte pas malgré les prises alimentaires plus nombreuses, complètes, variées). Ni dans les pensées et comportements, malgré l’envie.

C’est un peu la valse des deux pas en avant, trois pas en arrière

Quand on est ultra perfectionniste et déterminé.e, c’est une période de transition compliquée générant beaucoup de culpabilité

Je me souviens parfaitement de toutes ces fois où j’étais persuadée d’avoir trouvé LA bonne façon de m’en sortir.

Et pourtant, je me faisais souvent rattraper par mes comportements toxiques et pensées dysfonctionnelles.

Au moindre coup de fatigue, contrariété, peur,… ils revenaient me protéger.

Et pourtant, chaque tentative, chaque prise de conscience compte.

🧠 Petit rappel utile : la guérison ne se mesure pas sur la balance, mais au sentiment de liberté intérieure et liberté vécue.

Sortir de l’anorexie : 8 pistes douces et concrètes

Contrairement à ce qu’on entend souvent, sortir de sa zone de confort n’est pas toujours souhaitable.
Si tu as cette zone, c’est qu’elle te protège. Pour le moment.

Avancer sur le chemin de guérison n’est pas de « sauter dans le vide », mais d’avancer pas à pas :

Tes efforts doivent être mesurés, réalistes, tenables sur le long terme.

Applicables au quotidien sans que cela ne génère plus de stress ou d’angoisse.

En même temps, ils doivent être efficients, bénéfiques pour ton corps et profitables à ton équilibre émotionnel.

On ne se libère pas d’un trouble alimentaire à coups de défis extrêmes.
On s’en libère par des ajustements doux, réguliers, soutenus par la bienveillance.

Travailler la flexibilité alimentaire, une bouchée à la fois

L’anorexie n’est pas qu’une question de quantité : c’est aussi une question de rigidité.
Certaines personnes mangent toujours les mêmes aliments, aux mêmes heures, dans les mêmes proportions.

J’ai personnellement souffert d’anorexie pendant près de dix ans mais je n’ai que très rarement sauté un repas.

Néanmoins, j’ai mangé pendant des années les mêmes aliments.

L’anorexie conduit à une véritable rigidité psychologique.

Et c’est d’ailleurs pour cela qu’en thérapie d’acceptation et d’engagement nous travaillons sur la flexibilité psychologique, indispensable pour se séparer des injonctions de la voix de la maladie.

➡️ Travailler la flexibilité alimentaire, c’est oser de petits pas de côté dans cette mécanique.
Pas en termes de calories, mais de
variété et de curiosité sensorielle.

Comment le faire en douceur ?

Evidemment, je ne te dis pas de troquer tes courgettes contre une pizza.

Mais si tu as l’habitude de manger une pomme à 16 heures, mange une poire.

Si tu te prépares un chocolat chaud avec de l’eau, essaye de mettre du lait végétal.

A la place d’un yaourt nature, essaye un yaourt végétal à la coco ou à la vanille.

Si tu manges toujours le même tofu, essaye une nouvelle saveur.

Essaye d’ajouter une petite collation à 10 heures si tu as l’habitude de lutter contre la faim à cette heure-ci.

Ces micro-changements paraissent anodins… mais ils apprennent à ton cerveau que la nouveauté n’est pas dangereuse.
Et c’est un pas immense vers la liberté. 🌷

Sortir de l’anorexie : 8 pistes douces et concrètes

Bien sûr, il est bon dans la vie d’avoir des routines qui nous aident à prendre soin de nous.

Mais les routines qu’impose l’anorexie relèvent parfois du trouble obsessionnel compulsif.

Elles sont là non pour gagner en bien-être mais pour maintenir un contrôle très rassurant.

Ces routines rassurent mais elles enferment.

Je t’invite à essayer chaque jour de lâcher du lest.

Tu aimes que le repas soit pris à midi tapantes ? Expérimente de le décaler de dix minutes.

Tu peux également essayer de changer de couverts et d’assiette.

De place à table.

Accepter de manger en même temps qu’une autre personne.

Essayer de passer tout un repas à table sans se lever cinquante fois, sans trier le contenu de ton assiette, sans tout découper en petits bouts…

Choisis ton défi et applique le. Répète le. Ancre le !

Ces défis simples favorisent une souplesse mentale précieuse.
Chaque petit relâchement est une victoire.

Apaiser l’hyperactivité : quand bouger devient une fuite

Que serait l’anorexie sans l’hyperactivité ?

Bouger devient un réflexe, une manière de « mériter » de manger ou d’anesthésier les émotions.

Mais à long terme, cette agitation entretient la maladie.
Elle empêche le corps de se reposer et renforce la peur du relâchement.

🪶 Essaie de te poser régulièrement cette question :

« Pourquoi est-ce que je bouge en ce moment ? Qui en a besoin ? Moi, ou la voix de la maladie ? »

Tu n’as pas à tout stopper d’un coup.
Mais interroger tes gestes, les rendre conscients, c’est déjà commencer à te libérer.

Comment le faire en douceur ?

Voici des questions que tu peux garder précieusement sur toi pour t’auto-interroger :

Pourquoi je souhaite aller marcher alors qu’il pleut/ que je ressens de la fatigue ?

Pourquoi je vais à la salle de sport ce matin alors que je pourrais me reposer ou avancer dans mes projets ?

Ai-je vraiment envie de sortir du lit si tôt ? De courir après le travail pour aller pédaler deux heures sur un vélo d’appartement ?

Même si tu n’arrives pas tout de suite, ou pas tous les jours, à stopper l’hyperactivité, essaye de toujours te poser ces questions.

Et si finalement tu cèdes à l’hyperactivité, fais le en conscience, sans te flageller.

Les prises de conscience sont tout aussi importantes que les actes.

Petit à petit, tu apprendras à écouter ta propre voix et ton propre désir.

A ton rythme.

Faire les courses sans lire toutes les étiquettes

Cela fait partie, je dirais, des coulisses de l’anorexie :

les courses qui durent 15 ans, à traquer chaque étiquette !

On retrouve les fans du Nutriscore, les adeptes de Yuka, des calories, des macronutriments,…
Des habitudes qui renforcent le contrôle et la peur.

Tu rééduques ton cerveau à faire confiance à ton intuition alimentaire, et c’est déjà énorme. 💫

Comment le faire en douceur ?

Lorsque tu vas en courses, essaie d’acheter un produit en suivant ton cœur et tes envies.

Ne regarde pas l’étiquette.

Peut-être que tu n’arriveras pas à le manger le premier jour, ni le deuxième.

Mais ce n’est pas grave !

Déjà, tu fais un premier pas, renouvelé, répété, qui vient bousculer tes habitudes et les règles strictes imposées par la maladie.

Tu rééduques ton cerveau à faire confiance à ton intuition alimentaire, et c’est déjà énorme. 💫

Sortir de l’anorexie : 8 pistes douces et concrètes

C’est un grand classique qui vient à la fois répondre à la faim de l’estomac et à la faim de la bouche.

La bouche est habituée depuis notre naissance à être remplie, remplie de douceur.

Le sein maternel, le biberon, la tétine, le pouce.

Puis plus tard, les compotes, yaourts veloutés, glaces fondantes et crémeuses, pâtes à tartiner onctueuses.

Notre langue et notre palais ont besoin de cette sensualité, de cette sensorialité.

Se restreindre, consommer peu d’aliments, c’est aussi priver notre bouche de ces plaisirs.

De ce fait, pour tromper notre bouche, notre cerveau, notre estomac, nos sens, nos sensations (de faim et de satiété), il n’est pas rare d’user de stratagèmes.

Les chewing-gums et pastilles en font partie

La consommation excessive d’eau, de soda, de tisane… également

Cela s’appelle la potomanie, un trouble souvent corrélé à l’anorexie qui s’avère dangereux pour les reins, et le coeur, entrainant des œdèmes, une perte de minéraux, etc.

Au-dela des efforts que je t’encourage à faire pour te libérer de l’anorexie, je tiens ici à t’alerter sur la dangerosité de ces comportements palliatifs qui n’ont qu’une visée : le remplissage.

Mon conseil ici est évidemment de diminuer doucement puis supprimer ces comportements nocifs pour ta santé.

C’est un peu moins confrontant que l’augmentation des calories mais salvateur !

Accepter un repas que tu n’as pas préparé

Il est très difficile de manger un aliment dont on ne connaît pas la composition.

Il est encore plus difficile de manger un repas dont on ignore tout de la préparation.

On imagine que la personne a mis une tonne de matière grasse et qu’on va prendre trois kilos en mangeant sa cuisine.

C’est encore une fois très important de travailler sur ce point pour le bien de ta flexibilité psychologique.

Comment le faire en douceur ?

Où que tu sois sur ton chemin, je t’encourage à manger chaque semaine un repas que tu n’auras pas préparé.

Tu peux commander, ou alors, si tu as envie de te challenger tranquillement, réserver un repas sur Too good to go !

La surprise de ton repas tout en faisant une bonne action !

Tu peux aussi demander à ta maman, une amie, ta moitié de préparer le repas qui te met le moins mal à l’aise, pour commencer.

L’idée n’est pas de « tester tes limites », mais de réintroduire le plaisir, la surprise, la convivialité.
Et de sentir que la nourriture peut redevenir un lien, pas une menace.

Voilà pour les premières pistes à suivre pour sortir gentiment de l’emprise de l’anorexie, de manière challengeante MAIS ludique !!!

C’est, je crois, l’une de clés pour renouer avec une relation apaisée avec la nourriture.

La nouveauté, des découvertes, des mini défis… sans pression, sans culpabilité, sans perfectionnisme.

Sortir de l’anorexie, c’est réapprendre à te faire confiance.
À ton corps, à tes sensations, à tes besoins.

Ces pistes ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique, mais elles peuvent t’aider à amorcer le mouvement. Tout en douceur !

Avec Amour et Espoir,

Emma

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