Bouger et faire du sport : trouver son juste milieu

Bouger et faire du sport : trouver son juste milieu

Bouger et faire du sport demande de trouver son juste milieu.

Car bouger et faire du sport : ce n’est pas la même chose !

Voilà, c’est dit !!

Je sais, je sais !! La tendance actuelle, sur les réseaux, dans les discours ambiants, est à la complaisance. Après des années de « No pain no gain », de fitness à gogo, d’abdos tracés, de diète « riz-dinde », on a renversé la vapeur en prétendant que « danser dans sa cuisine, c’est faire du sport ».

Certes, cette bienveillance poussée à l’extrême est la bienvenue contre les injonctions toxiques du fitgame et du culte du corps qui nous ont plombées pendant des années.

Mais elle est aussi génératrice de confusion et de non-sens.

Et cela n’est pas sans conséquences. Sinon, je n’en ferais pas un article, on est d’accord !

Il est donc ultra important et nécessaire de distinguer la non-sédentarité du sport, de rappeler pourquoi le sport est vital. Et comment nous gagnerons toutes à trouver le juste équilibre entre l’écoute de soi et une pratique sportive hybride et adaptée.

La tendance concernant l’activité physique et sportive aujourd’hui prend le contre-pied du culte du « no pain no gain » et il était temps !

Car le rapport que beaucoup d’entre nous entretiennent avec le sport est déjà suffisamment chaotique.

Une sorte de « je t’aime moi non plus », criblé de trauma liés aux cours d’EPS humiliants.

Puis, avec l’avènement des réseaux sociaux et des fitgirls, on a toutes eu l’impression que sans abdos tracés et gros booty, sans énormes performances en terme de charges (muscu) ou de temps (running), on pouvait bien rester dans notre trou.

Alors OUI !! Il a fallu remettre le mouvement simple sur le devant de la scène.

Redonner ses lettres de noblesse à la marche. Au mouvement doux, intuitif, loin des notions de discipline, de motivation, de training hard-core,…

La reconnaissance des bénéfices du mouvement quotidien a permis de diminuer la culpabilité (de ne pas casser des barres à la salle), de valoriser le mouvement spontané, de casser la dictature du corps parfait. Et de la discipline façon boot camp.

On ne va pas s’en plaindre car inviter à bouger c’est tout simplement lutter contre la sédentarité, ce qui est fondamental pour la santé.

Marcher, jardiner, danser, prendre les escaliers,… sont de vrais leviers de prévention.

Notre corps n’est pas fait pour rester assis 15h par jour et allongé 8h.

Bouger au quotidien permet de préserver la santé physique ET mentale. Cela réduit les risques liés au mode de vie « assis-couché » : diabète, maladies cardio-vasculaires, douleurs chroniques, déprime, ruminations,…

Néanmoins !

Le sport apporte des bénéfices uniques que le « simple » fait de bouger ne peut pas remplacer.

Et je dis cela sans aucun jugement car je sais que bien des personnes ne sont pas en capacité de bouger ou alors dans la souffrance.

En tout transparence, si ce sujet me tient à cœur, c’est que j’ai vu la mobilité de ma maman décliner d’année en année. Après deux prothèses aux genoux en 2019 et 2020, puis une seconde opération du dos en avril, elle s’apprête à subir une opération de la hanche mi-octobre.

Nous parlons très souvent ensemble de l’importance du mouvement et du sport.

Et ce qu’il en ressort, c’est son amer regret de n’avoir pas pris davantage de temps pour elle et son corps.

Par du repos, des vacances, des massages,… Mais aussi de la mobilité, de la souplesse et de la musculation. A sa décharge, le sujet du sport pour la santé féminine n’était pas du tout abordé quand elle est entrée en ménopause.

Très clairement, ce qui lui fait aujourd’hui défaut dans son rétablissement et sa rééducation, c’est la force musculaire. Pourtant, ma maman n’est pas frêle et a toujours eu par nature une belle masse musculaire. Clairement, ma mère est un tank auquel aucun bocal de cornichons ne résiste !

Mais même une bonne nature ne fait pas le poids face au temps qui passe, surtout pour une femme.

Mon message ne se veut pas culpabilisant.

Mais c’est un rappel que le sport est un « médicament naturel » qui va plus loin que le simple fait de lutter contre la sédentarité.

Renforcement musculaire et osseux : seul le sport stimule la densité osseuse, la masse musculaire et la posture sur le long terme. Le sport, notamment la musculation, permet de prévenir la sarcopénie (fonte de la masse musculaire) qui s’installe dès 35 ans (et on n’oublie pas de manger des protéines à chaque repas !). Il permet également de prévenir l’ostéoporose.

Capacité cardio-respiratoire : transpirer, accélérer son rythme cardiaque, c’est entraîner son cœur et ses poumons. Donc on ne zappe pas radicalement le cardio sous prétexte que la mode est à la muscu et au Pilates ! Le cardio pour maigrir, c’est non ! Le cardio pour garder un coeur de machine de guerre, c’est un grand OUI !

Articulations, tendons, ligaments : entretenir la souplesse et la mobilité, grâce aux étirements, à la pratique du stretching, du yin yoga,…

Bien-être du dos : muscler la sangle abdominale non pas pour avoir des abdos apparents mais pour protéger et renforcer le dos. Pour cela, inutile de se tuer à faire des séries de 100 crunch. On privilégiera le Pilates, le gainage, les abdos dits hypopressifs.

Santé mentale : à ne surtout pas oublier lorsque l’on parle de sport ! Car l’activité sportive n’agit pas seulement sur le physique. La libération d’endorphines, la régulation du stress, une meilleure concentration, la sensation de vitalité, la socialisation, un mindset conquérant, une meilleure estime de soi,… Tout cela, on ne le gagne pas en tortillant du boule dans sa cuisine mais en pratiquant un ou des sports qui nous font kiffer.

Pour résumer la grande nuance entre bouger et faire du sport, il y aurait donc deux écueils à éviter :

  1. L’obsession sportive (No pain, no gain, culte du corps, le sport pour maigrir, transpirer pour faire pleurer la graisse, programmes intenables, toussa toussa).
  2. La banalisation du « qui peut le moins peut le moins » (la complaisance qui te laisse croire que « danser 3 minutes dans sa cuisine suffit ») : NON !!!

L’excès de performance peut mener à la blessure, au découragement, à la culpabilité. Et une pratique sportive déraisonnée, motivée uniquement par le culte du corps, peut vite glisser vers des troubles des conduites alimentaires et de la dysmorphie.

À l’inverse, croire qu’on fait « assez » en bougeant au quotidien (cf : non sédentarité) peut nous priver des réels bénéfices d’une pratique sportive.

Alors, comme souvent dans la vie, ce constat nous amène à faire preuve de bon sens. Et à emprunter la voie du milieu, en optant pour une pratique sportive adaptée, plaisante, régulière et globale, qui respecte le corps mais le challenge quand même. Parce qu’on n’est pas là pour beurrer des sandwiches !!

Mon intention avec cet article n’est pas de vous faire culpabiliser ni de vous faire la leçon. Mais que vous finissiez cette lecture avec une nouvelle vision du sport et surtout des pistes de réflexion et de mise en action.

L(objectif principal étant de montrer que le sport peut être accessible, sans tomber dans la rigidité ni la complaisance.

Alors voici quelques idées pour intégrer le sport dans sa vie afin de préserver et optimiser sa santé physique et mentale (donc en évitant de se blesser en pratiquant comme un bourrin et de tomber dans l’obsession malsaine).

  • Privilégiez de mini-sessions : 10-15 minutes de renfo, de yoga ou de corde à sauter peuvent suffire à enclencher des bénéfices. Pas besoin de suer sang et eau 5 *2h par semaine à la salle. On fait moins mais mieux.
  • La notion de plaisir : testez plusieurs sports (natation, boxe, danse, randonnée) jusqu’à trouver ce qui vous fait vibrer. Et n’hésitez pas à changer (de sport, de cours, de prof, d’appli,…).
  • Une pratique sportive globale : on ne suit pas bêtement les modes en privilégiant un sport au détriment des autres. La muscu ne doit surtout pas exclure le cardio. Le Pilates ne dispense pas du travail de mobilité. La natation ne remplace pas le fitness. On a besoin de tous les types de sport sur cette base simple : cardio/ renfo/ souplesse – mobilité.
  • Une routine douce mais régulière : 2 à 3 fois par semaine, en fonction de ses capacités, c’est déjà très très bien (en complément du mouvement quotidien, marche, ménage, jardinage, jeux avec les enfants,…)
  • S’appuyer sur le quotidien justement : aller au travail à vélo, s’étirer le matin, etc. Mais en parallèle de vrais créneaux dédiés au sport avec un grand S.

Impossible d’aborder le sport pour toutes et tous, dans une perspective bienveillante et inclusive sans mentionner l’APA.

Elle est, en effet, une passerelle précieuse entre « bouger » et « faire du sport ».

L’APA est une pratique conçue pour répondre aux besoins et limites de chaque personne : qu’on vive avec une maladie chronique, un handicap ou qu’on ait simplement besoin de reprendre en douceur après une blessure ou une opération (ou des TCA).

Prescrite après évaluation médicale, son objectif n’est pas la performance mais l’entretien de la santé, de la mobilité et de la qualité de vie.


L’idée est à nouveau d’éviter nos deux écueils :

  • le sport « standard », trop exigeant ou inadapté, qui décourage ou provoque des blessures,
  • l’inaction, qui aggrave la perte de mobilité et les risques de santé.

Concrètement, une APA peut prendre la forme de séances de gym douce, de renforcement musculaire léger, d’exercices aquatiques, de marche active encadrée ou encore de yoga adapté. L’objectif n’est pas la performance mais la prévention, l’entretien des fonctions vitales et le maintien de la qualité de vie.

Tout simplement, l’APA montre bien que le sport peut et doit s’adapter à nous – et non l’inverse.

Est-ce que marcher tous les jours, c’est suffisant ? : marcher est excellent, mais pas suffisant pour bénéficier des apports spécifiques du sport.

Dois-je viser 3 séances d’une heure par semaine ? : pas besoin, des séances courtes et régulières sont déjà précieuses.

Comment rester motivée sans pression ? : trouver des activités plaisir, se fixer des objectifs réalistes, se rappeler que le sport est un cadeau qu’on fait à son corps, pas une punition.

Bouger et faire du sport : trouver son juste milieu, on se rend compte que c’est un vaste sujet !!

Bouger, c’est prendre soin de soi au quotidien.

Faire du sport, c’est offrir à son corps et à son esprit un espace de progression, de vitalité et d’affirmation de soi.

L’un ne remplace pas l’autre : ils se complètent, comme deux piliers de notre santé.

Le piège, c’est de tomber soit dans la performance à outrance, soit dans la complaisance qui nous fait croire qu’on n’a « pas besoin d’en faire plus ».

La vérité, comme toujours, se trouve dans l’équilibre et la nuance : une pratique sportive adaptée, régulière, mais jamais vécue comme une punition.

Et si on commençait à voir le sport non pas comme une contrainte, mais comme un cadeau à soi-même ?

Une façon de se renforcer, de s’affirmer, de prendre sa place, de respirer plus grand, de s’alléger la tête et de se rappeler qu’on est vivante et forte ?

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